Schizophrénie

La schizophrénie est une psychose, souvent de longue durée, susceptible de provoquer des changements sensibles de la perception de la réalité chez la personne atteinte.

Jakob Tranberg
Jakob Tranberg du Danemark, Troubles Bipolaires de type I

A propos de la schizophrénie
La schizophrénie est une forme courante de maladie mentale sévère fortement stigmatisée et souvent mal comprise. Les personnes schizophrènes connaissent des perturbations des pensées, des émotions et du comportement et éprouvent des difficultés à juger de ce qui est réel. Cela peut avoir un impact majeur sur la vie de la personne atteinte et de sa famille.

La schizophrénie est due à un déséquilibre des substances chimiques qui envoient des signaux au cerveau, ce qui entraîne la perception (vision/audition/pensées) de choses qui ne sont pas réelles. Les facteurs à l’origine de ce déséquilibre ne sont que partiellement compris.


Symptômes
La schizophrénie se caractérise par des crises psychotiques (perte de contact avec la réalité) entrecoupées de périodes d’émoussement des émotions et de repli sur soi.

Les symptômes qui se manifestent pendant les crises psychotiques sont appelés des « symptômes positifs » et incluent les troubles de la pensée, les idées délirantes (fausses croyances, souvent accompagnées de paranoïa) et les hallucinations (principalement entendre des voix). Ces symptômes sont souvent associés à une anxiété, une dépression et une activité excessive (déplacements constants et agitation).

À l’inverse, les périodes de repli sur soi se manifestent par des « symptômes négatifs ». Ceux-ci incluent une diminution des émotions, une fluence verbale réduite, une faible capacité de planification, d’instauration et/ou de maintien des activités et une baisse des sentiments de plaisir ou d’intérêt. Les symptômes négatifs sont généralement à l’origine de problèmes lors des interactions sociales et des activités quotidiennes.

Statistiques
La schizophrénie touche les personnes quelles que soient leur origine ethnique, leur culture ou leur classe sociale. Elle commence habituellement au début de l’âge adulte (à partir de 20 ans)1, mais elle peut apparaître à tout moment à compter de la fin de l’adolescence. La schizophrénie touche aussi bien les hommes que les femmes. Les hommes tendent néanmoins à la contracter légèrement plus tôt au cours de la vie.2 Le risque de développer une schizophrénie au cours de la vie est d’environ 1 % pour une personne donnée.1

En 2004, l’Organisation mondiale de la Santé a estimé que plus de 26 millions de personnes souffraient de schizophrénie, ce qui en fait l’une des 20 principales causes d’invalidité au monde.3 De plus, en 2004, 30 000 décès ont été attribués à cette maladie.3

Les maladies cardiovasculaires, dont les maladies coronariennes, représentent la principale cause de décès chez les schizophrènes4. Chez les patients souffrant de schizophrénie, les maladies cardiovasculaires et pulmonaires représentent environ 60% des causes de décès prématuré5. De plus, la mortalité due aux maladies cardiovasculaires chez ces patients atteints de schizophrénie est deux fois plus élevée que dans la population générale5. Cette surmortalité est généralement attribuée à la prévalence bien connue de facteurs de risque tels que l’obésité, le diabète, l’hypertension, la dyslipidémie ou encore le tabagisme6. Cependant, les patients schizophrènes ont un accès limité aux systèmes de soins et des études démontrent un manque de traitement des facteurs de risque des maladies cardiovasculaires.

La schizophrénie est également l’une des maladies les plus coûteuses au monde. Associée à d’autres psychoses, elle représente 1,5 % (Royaume-Uni), 2 % (Pays-Bas, France) et 2,5 % (États-Unis) des budgets de santé nationaux totaux.7,8


Diagnostic et prise en charge
Malgré des recherches importantes, aucun traitement curatif de la schizophrénie n’a encore été découvert. Toutefois, il est possible de traiter et de réduire considérablement les symptômes et d’identifier les « facteurs de risque » ou les « signes d’alerte » d’une nouvelle crise imminente.

La schizophrénie impose un traitement prolongé. Celui-ci implique habituellement divers médicaments et un traitement psychosocial. Une période d’hospitalisation est souvent nécessaire pour rendre possibles les soins et la surveillance au cours des crises psychotiques.

Malgré la sévérité de ce trouble, certaines personnes peuvent ne faire l’expérience que d’une seule crise de schizophrénie et peuvent reprendre un grand nombre de leurs activités quotidiennes habituelles après un traitement et une réadaptation. Malheureusement, d’autres personnes vont développer des symptômes pénibles, de longue durée, qui limitent leur aptitude à étudier, travailler ou interagir socialement.

Il est important que les personnes atteintes de schizophrénie reçoivent l’avis d’un expert et des soins médicaux pour leur maladie.


Références
1. Tsuang MT and Farone SV. Schizophrenia. Second edition. Oxford University Press Inc., New York: 2005.

2. http://www.schizophrenia.com/szfacts.htm. Accessed 22/09/11.

3. World Health Organisation. The global burden of disease. 2004 update. www.who.int/healthinfo/global_burden_disease/2004_report_update/en/index.html. Accessed 06/09/11.

4. Hennekens et al., 2005; Osby , 2000; Brown, 1997

5. Osby, 2000; Tiihonen et al., 2009; Parks et al., 2006

6. De Hert et al., 2009

7. Rössler W, Salize HJ, van Os J, Riecher-Rössler A. Size of burden of schizophrenia and psychotic disorders. Eur Neuropsychopharmacol 2005; 15 (4): 399–409.

8. Lindström E, Eberhard J, Neovius M, Levander S. Costs of schizophrenia during 5 years. Acta Psychiatr Scand Suppl 2007; 116 (435): 33–40.

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