Addiction à l’alcool

La dépendance à l’alcool est une maladie du cerveau, caractérisée par des dysfonctionnements de la structure cérébrale, de la neurochimie et du comportement.

René  Jensen
René Jensen du Danemark, addiction à l'alcool

A propos de la dépendance à l’alcool
La dépendance à l’alcool est une pathologie médicale et comportementale, avec un risque élevé d’évolution chronique, récurrente et évolutive.1 Des recherches approfondies ont contribué, durant les 20 dernières années, à mieux comprendre cette maladie et de passer du concept d’une maladie que l’on pensait due à une faiblesse de caractère à celui d’une vraie maladie ayant des causes médicales et pouvant donc être traitée.2

L’alcool est toxique, pour la majorité des organes du corps humain. Le niveau de consommation est fortement corrélé au risque d’une morbidité ou mortalité à long terme.3 L’alcool est le facteur causal d’une soixantaine de maladies et de lésions.4 Une consommation excessive d’alcool est aussi associée à un coût élevé pour la société, dû aux conséquences de la violence induite, de la perte de productivité et des dépenses de santé qu’elle engendre.4

Les facteurs génétiques et environnementaux sont des facteurs importants dans l’initiation de la consommation d’alcool. La famille, l’entourage et la société conditionnent le niveau d’exposition au stress et à l’alcool. La susceptibilité de développer une perte de contrôle de la consommation d’alcool est prédisposée génétiquement, les facteurs génétiques contribuent à environ 60% des risques de la maladie.5,6 Le risque de dépendance à l’alcool augmente avec la consommation d’alcool.7 On estime que la consommation d’alcool est responsable de 20 à 50% des cirrhoses du foie, des épilepsies, des intoxications, des accidents de la route, de la violence et de différents types de cancer. 4


Symptômes
Une des caractéristiques principales de la dépendance à l’alcool est souvent le désir non maitrisé de consommer de l’alcool. Les patients ressentent une réelle difficulté à contrôler leur consommation et continuent à boire malgré les conséquences nocives.8 Souvent, les patients qui s’abstiennent sont sujets à des symptômes de sevrage tels que des nausées, des sueurs et des tremblements.9


Statistiques
La consommation excessive d’alcool est un phénomène courant à travers le monde et plus particulièrement en Europe.4 La dépendance à l’alcool est l’une des maladies mentales les plus communes en Europe avec plus de 14 millions d’européens dépendants.10

Le coût total de la dépendance en Europe a été estimé à 58 milliards d’euros.11

En Europe, le taux moyen de diagnostic d’abus ou de dépendance à l’alcool est de 15%12 mais très peu de ces patients sont traités. L’écart de traitement médian d’abus ou de dépendance à l’alcool est de 92% en Europe, ce qui signifie que seuls 8% des patients sont traités.13


Diagnostic et prise en charge
Les personnes qui pensent être dépendantes à l’alcool peuvent être aidées et conseillées par leur médecin traitant. Le diagnostic est basé sur des signes biologiques, comportementaux et des facteurs sociaux.14 Les informations données par la famille, les amis et les collègues de travail peuvent aussi être importants pour poser le diagnostic.

Le traitement de la dépendance à l’alcool consiste en une thérapie comportementale associée à un traitement médicamenteux.2 L’abstinence et la réduction de la consommation sont deux objectifs à considérer comme faisant partie de la prise en charge globale des patients souffrant de dépendance à l’alcool.15,16

Le support de l’entourage du patient est également extrêmement important.

Tous les types de traitement de la dépendance à l’alcool doivent être prescrits par des professionnels de santé.


Références
1. WHO, ASAM website 2012

2. Gunzerath L, Hewitt BG, Li TK, Warren KR. Alcohol research: past, present, and future. Ann N Y Acad Sci 2011; 1216: 1–23.

3. Rehm et al. Eur Addict Res 2003;9:147-156

4. WHO. Global status report on alcohol  and health, 2011

5. Vengeliene et al. Br J Pharmacol 2008; 154(2):299-315

6. Schukit. Ch. 98. In: Davis et al (eds). Neuropsychopharmacology: The Fith Generation of Progress. 2002

7. Dawson & Archer. Addiction 1993;88: 1509-1518

8. WHO, ICD-10, F10-19

9. MayoClinic.com. Alcoholism. May 2010.
http://www.mayoclinic.com/health/alcoholism/DS00340/DSECTION=symptoms. Accessed 08/08 2012

10. Wittchen et al. Eur Neuropsychopharmacol 2011;21(9):655-679

11. Gustavsson et al. Eur Neuropsychopharmacol 2011;21(10):718-779

12. Mukherjee & Sosa. Special report. Alcohol Addiction, Decision Resources, 2010

13. Kohn et al. Bull World Health Organ 2004;82(11):858-866

14. American Psychiatric Association (APA). Diagnosis and Statistical Manual of Mental Disorders. Fourth Edition. Text Revision. DSM-IV-TRTM. 2000 American Psychiatric Association

15. EMA. Guideline on the development of medicinal products, 2012

16. NICE. Clinical guideline 115, 2011

 

The deadly consequences of alcohol dependence and the limited treatment of the disease in Europe.
*See abstract >>>
See full report, including Swiss data >>>

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